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LORIENT message du collectif UTPT- Comité Dal 56-

Publié le par Être Terre

Lorient le 3 janvier,

Hier mercredi, 2 familles avec 5 jeunes enfants se sont présentées au SIAO de Lorient pour se faire enregistrer comme demandeurs d'asile. L'une d'elles a pu obtenir un RV pour le14 janvier, l'autre ne pourra être domiciliée en janvier à Lorient, le quota mensuel étant déjà atteint. Il leur a été expliqué comme à chaque fois que le dispositif prévoyait un passage par la plateforme d'accueil régionale à Rennes ce qui contredit les affirmations maintes fois répétées par son directeur. Aucune solution d'hébergement ne leur a été proposée et le collectif " un Toit pour Tous" - comité Dal a été prévenu. Le dispositif de veille sociale saisi via le 115 n'ayant pu les prendre en charge, nous avons décidé pour la troisième fois en 3 semaines de nous inviter à la sous -préfecture.

L'attente fut longue, la Direction du Service de l'Information Générales ( DSIG) de Lorient s'est imposée comme intermédiaire avec les représentants de l'Etat . Le sous préfet arrivé en début de soirée a accepté de recevoir une délégation.

Comme lors des précédents échanges, mais un peu mieux informé, il nous a expliqué que le Dispositif National d'Accueil des demandeurs d'asile prévoyait un passage par la plateforme régionale, puis une domiciliation dans une des villes de Bretagne dans l'attente d'une convocation à la préfecture aboutissant éventuellement à la délivrance d'une Autorisation Provisoire de Séjour, ce sésame qui déclenche le droit à l'hébergement.

Comme lors des précédents échanges, nous avons rappelé à Monsieur le sous-préfet que l'Etat avait une obligation d'accueil inconditionnel de toutes les personnes en détresse ce qui compte tenu de l'heure avancée était manifestement le cas de ses familles isolées et que l'enregistrement dans le dispositif d'accueil impliquait selon la directive européenne concernant l'accueil des demandeurs d'asile l'attribution d'un logement. Nous avons rappelé que le directeur de la plateforme en personne leur conseillait de ne pas venir à Rennes où aucun hébergement ne serait possible

Pour la cinquième fois en qq semaines des familles se retrouvent donc ballotées entre Lorient et Rennes en raisons des dysfonctionnements administratifs reconnus par tous.

M. le sous-préfet a encore argumenté sur la nuance entre l'obligation d'accueil inconditionnel et les dispositions prises par l'Etat qui cadre cette obligation et la limite aux conditions de grands froids. Que l'Etat ait été de nombreuses fois condamné par différents tribunaux a semblé l'étonner.

Une nuitée d'hôtel leur a finalement été attribuée et nous avons accepté de les encourager à aller à Rennes à condition qu'un laisser passer leur soit délivré pour prendre le train que nous étions déterminé à ne pas prendre en charge. Il nous a été promis que des démarches seraient lancées.

Aujourd'hui, malgré la multitude d'appels passés et l'excellente couverture médiatique , rien n'a été obtenu. Dès 15h nous étions avec les journalistes devant la sous préfecture où les forces de police ont bloqué l'accès. Les familles se sont installées dans le hall de la mairie d'où elles ont été délogées en douceur par la police avant la fermeture. Pendant ce temps toujours en contact avec la DSIG et sous surveillance policière renforcée dans tout le quartier , nous avons tenté d'obtenir un hébergement d'urgence.

vers 18h, nous nous sommes dispersés par petits groupes et avons rejoint discrètement l'église Saint Louis.

Le prêtre arrivé rapidement n'a pas hésité longtemps avant d'ouvrir le presbytère et de faire le nécessaire pour que de la nourriture leur soit apportée. Nous avons trouvé matelas et couverture et les avons laissé se reposer.

Avant notre départ des lieux, la DCRI nous a rappelé pour nous faire savoir qu'aucune solution d'hébergement n'avait été trouvée mais que les démarches permettraient sans doute une domiciliation à Lorient pour les 2 familles courant janvier. Ils semblaient fiers de nous annoncer qu'ainsi les délais seraient raccourcis et qu'ils pouvaient espérer un RV à la préfecture régionale et donc .... un hébergement ...... début février.

Les représentants de l'Etat non tenus informés de la dernière étape de nos migrations découvriront demain par la presse où et comment les familles ont passé la nuit et certainement les prochaines.

Après des mois de mobilisation et un mois de décembre particulièrement éprouvant, ces 36h ont prouvé à tous nos interlocuteurs qu'il n'y avait pas besoin d'être bien nombreux pour être déterminés.

Aujourd'hui nous étions une petite quinzaine mais demain nous avons besoin du soutien de tous et toutes car le combat ne sera fini que lorsque des moyens seront budgétés et des logements mis à disposition.

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