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Vendredi dernier le collectif se réunissait devant le foyer de la protection civile rue Gustave Roch

Publié le

Le droit au logement n'est ni une affaire de communication, ni une affaire de saison !

NON aux effets d'annonce des pouvoirs publics !

Depuis bientôt deux mois maintenant, le collectif « un toit pour toutes et tous » lutte au quotidien pour exiger l'accueil inconditionnel de toutes les personnes sans-abri dans un hébergement digne et stable.

Pourtant, il apparaît que les seules réponses apportées par les pouvoirs publics ne résultent que d'effet d'annonce médiatique, et ne s'attaquent en rien au problème actuellement à l'oeuvre :

En ce qui concerne les mesures annoncées il y a un mois par le préfet et la mairie :

Suite à l’occupation du Lieu Unique, les pouvoirs publics avaient annoncé l’ouverture de 60 places supplémentaires, tout en laissant des centaines d'autres personnes à la rue. Comme nous l’observons depuis, les quelques places ouvertes ne relevaient que d’un coup de communication pour faire taire notre lutte. Le foyer Gustave Roch (mis à disposition après l'expulsion du collectif de ce même lieu) est de nouveau vide (comme les promesses du préfet) de tout occupant depuis plus de 10 jours  maintenant! De même, hier, jeudi 22 novembre, les familles logées dans le foyer Saint Martin ont été obligées à quitter précipitamment les lieux ! Avant un éventuel retour à la rue, toutes ces familles (une dizaine au total) sont actuellement « ballotées » de nuitées d'hôtel en nuitées d'hôtel aux quatre coins de la ville, sans prise en compte des lieux de travail et/ou de scolarisation.

Nous dénonçons la gestion inhumaine de ces personnes au nom de la « rotation » prônée par le Préfet. Le recours courant aux hôtels indique que le problème n'est pas une question de moyens financiers mais bel et bien de volonté politique. Cette gestion par les pouvoirs publics, aussi bien localement que nationalement, démontre que les personnes précaires sont considérées comme des parias, inutiles, assistés et encombrants. L'hébergement en hôtel coûte en effet très cher (2000 euros par mois), et est synonyme de conditions de vie très précaires (famille entière dans une seule chambre, impossibilité de cuisiner, impossibilité de se projeter dans le temps,...). La réquisition de bâtiments publics d’hébergement (près de 400 places inoccupées actuellement sur Nantes) pourrait pourtant permettre l'accueil de ces personnes dans un lieu digne et stable.

En ce qui concerne l'annonce du plan hivernal par la préfecture :

Le plan hivernal annoncé cette semaine par le préfet démontre que malgré l'urgence de la situation et la mobilisation populaire en cours, le dispositif habituel (largement insuffisant) est de nouveau reconduit. L’augmentation des places mise en avant n’est qu’un effet d’annonce ne reposant sur aucune donnée concrète, comme cela était déjà le cas il y a un mois, et repose sur une savante manipulation politicienne des chiffres.

Cette annonce n'est une fois de plus qu’un coup médiatique ayant pour visée de séduire l'opinion publique. Le bien-être et la réinsertion des sans abri n'est en effet aucunement un objectif de ce plan. Comme chaque année, le plan « grand froid » ne servira qu'à éviter les mauvais effets électoraux causés par un nombre trop important de morts sur nos trottoirs. Comme chaque année, les personnes sans abri seront ensuite remises à la rue impunément. Il est intolérable de constater que les pouvoirs publics répètent chaque année, sous le feu des caméras, ce funeste et cynique spectacle. Le droit au logement pour tous doit être appliqué quelle que soit la température et quel que soit le sexe, l’âge, le statut ou la nationalité de la personne sans abri.

Nous sommes aussi solidaires des mouvements similaires en cours dans toute la France (Rennes, Angers, Rouen, Brest, Lorient, Lille, Toulouse...) ainsi que des autres populations en lutte contre toute forme de précarité. Face à l’urgence de la situation pour les sans-abris et face au cynisme d’un pouvoir qui n’a de socialiste que le nom, le collectif annonce qu’il va poursuivre sa lutte jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites, et n’exclut ainsi pas de réquisitionner de lui-même de nouveaux lieux publics d’hébergement.

Collectif « Un toit pour toutes et tous »

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